Oui, ces tableaux sont bien des Chamizo.
Entre 1987 et 1990, j’ai eu ma période Révolution. On prônait les concepts, vidéos, installations ; moi je voulais réconcilier le grand public avec l’art contemporain, défendre l’acte de dessiner, l’acte de peindre. Révolution fonctionne sur la confrontation d’images très présentes dans la mémoire collective afin de créer un choc, une réflexion. La femme du Sahel photographiée par Salgado face à un mur de hamburgers, la beauté du David Apollon confrontée aux croix gammées ou aux champignons atomiques, les allégories de la Marseillaise de Rude, des kalachnikovs...C’est une peinture volontairement accessible, dont certains codes ont été repris plus tard par les graffeurs. Ce qui la distingue d’un support mur c’est l’utilisation de peintures fluorescentes et phosphorescentes. Ainsi l’éclairage offre trois niveaux de lecture : dans l’obscurité, en lumière du jour et en lumière noire. En lumière noire, les sujets se détachent comme des hologrammes. Toujours ma recherche des volumes, de l’illusion des trois dimensions.